Boris Cyrulnik, La résilience (entretien 2008)

Publié le par Art & Energie

 

Voici quelques citations d'un livre sur la résilience (entretien avec Boris Cyrulnik. Suite à une mauvaise manipulation, j'ai perdu les références du livre et ne l'ayant plus en mains je ne peux remédier à cette erreur...).

 

 

"Quand on arrive au monde, on pourrait être tout, mais pour devenir quelqu'un, il faut renoncer à tous les autres qu'on aurait pu devenir."

 

"Il faut tout un village pour élever un enfant."

 

"La transmission n'est-elle pas le fait d'un face à face mais bien plutôt un processus qui s'organise de biais."

 

"Je pense que dans la transmission des secrets, ce n'est pas le traumatisme que l'on transmet, c'est le fait que le traumatisme nous a fait souffrir et l'immense déséquilibre affectif qui s'ensuit."

 

"Plus une société est bien organisée, moins elle besoin de pères. Je pense que la fonction des pères est d'assurer partie extérieure au couple, et d'en incarner la partie insupportable, alors que les mères sont fondamentales, d'abord même biologiquement. On nous a appris que la femme est sortie de la côte d'Adam, ce n'est pas rai, biologiquement, c'est le contraire :  nous avons tous été des femelles au départ, nous avons tous été XX, sauf qu'une moitié d'entre nous est devenue XY.

La fonction des pères est d'érotiser le risque, c'est d'être héroïsé". Or, dans une société en difficulté, on héroïse les hommes et les petits garçons, ce qui n'est pas une bonne affaire pour les femmes, parce que le fait d'héroïser les garçons mène ces derniers au sacrifice, et légitime leur domination sur les femmes. C'est ainsi qu'on a attribué au social la responsabilité de la violence originelle. [...] Aujourd'hui, le fait que dans notre culture on ne supporte plus la violence est un signe de bonne é olution culturelle ; sauf que la technologie modifie nos interactions et rend moins nécessaire la présence physique, sensorielle de la mère ou de la grande soeur ou du village."

 

"En dehors des guerres et des violences physiques et sexuelles, il existe une autre forme de blessure qui a initialement joué un rôle très important chez beaucoup d'entre nous, c'est l'isolement sensoriel, mais aussi la carence affective qui naît éventuellement d'un manque de tendresse. Cela caractérise la souffrance la plus fréquente."

 

"Nous pouvons agir sur tous les stades du développement, c'est-à-dire qu'on peut agir sur les interactions  précoces. Quand j'étais à la commission Attali, j'ai réussi à souligner l'importance  des interactions précoces, c'est-à-dire la nécessité d'augmenter les effectifs des métiers de la petite enfance, de renforcer la formation de ces métiers et aussi la nécessité d'avoir des congés maternité plus longs et socialement protégés. On se rend compte que, au cours de ces interactions précoces -dernières semaines de grossesse et premiers mois de vie, c'est-à-dire bien avant la parole- l'histoire parentale est déjà transmise à l'enfant par une stimulation sensorielle harmonieuse ou au contraire par un appauvrissement affectif."

 

"Un attachement dont la mère est dépressive s'attache à elle et à son malheur selon un mode particulier  qui peut devenir une prison affective. Voilà pourquoi il est important qu'il y ait tout de suite un triangle parental où la mère n'ait pas le monopole des empreintes affectives : le père, ou un autre homme, ou une autre femme, voire même une institution, quelqu'un qui joue un rôle quotidien réel. S'il n'y  a pas ce système de polyattachement autour de l'enfant, celui-ci n'a pas de substitut possible quand l'attachement unique s'effondre."

 

"C'est ce que les Américains appellent "the frightened frightening prarents" c'est-à-dire "les parents effrayés-effrayants". Lorsqu'on n'a pas permis aux parents blessés de se réparer, les enfants prennent une partie de leur souffrance, même s'ils n'ont pas les mêmes représentations."

 

"Ce qu'il faut c'est s'occuper des parents d'abord. Plus vite on répare les parents blessés, plus vite les enfants bénéficieront d'un milieu de moindre souffrance."

 

 

 

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Domi 16/05/2015 11:22

Bonjour Sandrine,
Merci beaucoup pour ce partage ! Merci pour ces pensées qui donnent à penser...à réfléchir... ! Personnellement j'aime beaucoup Boris Cyrulnyk car grâce à son principe de la "résilience" il nous éclaire sur bien des concepts. Dans le domaine de la psychologie il a fait faire de grands pas !! Bien sûr ses idées parfois dérangent de grands penseurs, c'est inévitable, mais tant mieux puisque cela permet des débats qui ne font qu'enrichir l'Homme dans et pour son évolution, ses prises de conscience...etc...De plus Boris Cyrulnik est un personnage humble ! Bon WE !

Art & Energie 17/05/2015 08:21

Bonjour Domi,

Je suis entièrement d'accord avec vous. La résilience éclaire sur bien des choses... Et Boris Cyrulnik est tout à la fois compétent, humble et doté d'une certaine dose d'humour. J'avais assisté à une conférence qu'il donnait avec Pierre Lemarquis sur le thème musique et résilience (http://art-energie.over-blog.com/article-compte-rendu-de-la-conference-sur-musique-et-resilience-de-boris-cyrulnik-et-pierre-lemarquis-73668145.html) et j'avais ADORE !!!!

Bon dimanche ^_^