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Encyclopédie des arts martiaux d'Extrême-Orient (Gabrielle et Roland Habersetzer, 2000)

Publié le par Art & Energie

encyclopédie arts martiaux harbersetzerL'ouvrage présenté ici s'intitule dans son intégralité : Encyclopédie des arts martiaux d'Extrême-Orient. Technique, historique, biographique et culturelle. Ce titre résume parfaitement ce que l'on trouve au cours de ces 800 pages. Les auteurs, Roland Habersetzer et son épouse Gabrielle, commencent par donner une explication sur les conventions orthographiques servant à l'utilisation de cette encyclopédie ainsi que la classification que l'on y trouve. Suit le corps encyclopédique lui-même, le tout complété d'appendices géographiques, historiques et disciplinaires (liste des arts martiaux plus récents).

 

Chaque entrée est suivie du pays auquel le terme appartient. Des informations signalétiques sont également apportées sur le terme en question : au premier coup d'oeil, on sait s'il s'agit d'une idée, d'une technique, d'un personnage, d'une école ou d'un élément culturel, ce qui apporte un avantage qui fait défaut au simple classement alphabétique.

 

Par ailleurs, l'aspect technique est particulièrement intéressant puisque les techniques mentionnées sont décrites avec précision, comme on pourrait le trouver dans n'importe quel ouvrage traitant d'un art martial particulier. Sauf que là, il est inutile d'avoir un livre par discipline puisque tout est concentré dans un seul et même ouvrage ! Et c'est l'un des points forts. Aussi, si l'on souhaite avoir des renseignements sur une position, un blocage, un geste particulier, on a sa provenance géographique, l'art martial auquel il appartient et la façon de le réaliser. Mais cela ne s'arrête pas là car, dans les définitions, sont également insérés des astérisques qui servent de renvois à d'autres entrées et qui permettent d'apprendre à l'infini les techniques proches et les subtilités qui en découlent.

 

Ces définitions précises sont, en plus, agrémentées de planches permettant une compréhension visuelle. Mais ces aspects ne sont pas les seuls à être illustrés. Des planches représentent les classifications par groupes techniques, par kata (pour les arts martiaux japonais), mais on trouve également des planches plus descriptives montrant des armes ou des équipements dont les termes sont indiqués avec une grande exactitude.

 

Aussi, cette encyclopédie se donne les moyens d'être un ouvrage très complet sur l'histoire et les techniques martiales d'Extrême-Orient.

Et ce n'est pas pour rien qu'elle est incontournable ! Néanmoins, si l'aspect culturel est important, ce sont surtout les techniques qui font la très grande richesse de ce livre. A ce titre, même si des non pratiquants peuvent parfaire leurs connaissances, c'est surtout aux pratiquants d'arts martiaux qu'il est dédié.

 

Pour en donner la preuve, voici une citation sur la définition du zenkutsu-dachi (position de base du karaté shotokan).

Les mots parlent d'eux-mêmes... :

 

"Position engagée vers l'avant, support pour une technique frontale (attaque ou blocage fort sur l'avant du corps). La jambe avant est fortement fléchie, tibia vertical, genou à l'aplomb du gros orteil et porte 60 à 70% du poids du corps. La jambe arrière est tendue et pousse le corps en avant. La largeur de la position (écart frontal des pieds) équivaut à la largeur des hanches. La fente (écart latéral des pieds) équivaut à environ la longueur de la jambe arrière tendue. Il existe des variantes. [...] Zenkutsu-dachi évolue également facilement en Fudo-dachi* et en Naname-zenkutsu-dachi*".

 

Les grades dans les arts martiaux traditionnels vont jusqu'au 10ème dan. Mais il est certains cas rarissimes ou des grades plus élevés ont été octroyés, à savoir un 12ème dan au fondateur du judo, maître Jigoro Kano. Et bien si un ouvrage sur les arts martiaux mérite un 12ème dan c'est bien celui-ci !

 

Donc, à l'instar d'exceptions martiales, ma note sera de 12/10 !

 

 

Publié dans arts martiaux

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Croisière : une étape à Tunis (3)

Publié le par Art & Energie

P1040865Voici le dernier volet qui clôt le sujet de la croisière. Il faut savoir avant tout que le port de Tunis est à environ 30/45 minutes. Et le moyen le plus pratique vu le temps limité pour se rendre dans la ville est le taxi. Le problème est que souvent les chauffeurs de taxis refusent de prendre les passagers seulement pour un trajet. Ils n'acceptent que des personnes qui feront l'aller, le retour et auxquelles ils pourront faire visiter la ville de surcroît. Donc financièrement c'est un problème, à moins de se mettre à plusieurs et de partager les frais... Sinon, il reste l'excursion proposée avec autocar et guide et, en raison des inconvénients susdits et du peu de temps imparti, une fois n'étant pas coutume, j'ai opté pour cette option (une visite combinée de la medina et du musée du Bardo).

 

La visite de la medina est intéressante car il s'agit d'un témoignage de l'architecture et de l'urbanisme de cette ville de Tunis. Les rues sont étroites, les maisons s'élèvent de part et d'autre et le paysage urbain que l'on a sous les yeux offre une palette colorée et lumineuse (les jours de soleil, bien évidemment). En se promenant, on  peut voir fleurir sur les portes des mains de Fatma servant de heurtoir et, plus inhabituel, aux détours de ruelles apparaissent des remplois de colonnes ayant été prélevées sur le site de Carthage !

 

Deux petites mentions spéciales au coeur de cette medina. La première pour une parfumerie qui fabrique des essences à partir de plantes, de fleurs ou d'arbres, notamment celle d'une fleur qui ne se trouve que dans les environs de Carthage. Très intéressante est la description, matériel à l'appui, de la distillation pour la fabrication de ces essences. La seconde pour l'exportateur officiel (agréé par le gouvernement) de tapis tunisiens où a eu lieu une présentation de ces tapis et une explication sur leur fabrication. Bien évidemment, dans ces deux endroits, les produits fabriqués sont vendus mais avec des négociations serrées, pratique incontournable des commerces, fabriques ou magasins du souk, on peut obtenir de bons prix.

 

La visite s'est terminée par le musée du Bardo dans lequel se trouvent principalement des mosaïques de l'antiquité et du début de l'ère chrétienne (dont l'iconographie est assez variée : personnages historiques, allégories, sujets mythologiques, représentations du Chrisme et de l'Alpha et l'Oméga)  d'une très grande qualité ainsi que des bijoux et des sculptures datant de l'époque romaine. Le bâtiment qui abrite le musée est, déjà, à lui seul un bijou d'architecture. A voir !

 

Publié dans globe-trotter

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Orgueil et préjugés : le téléfilm

Publié le par Art & Energie

Orgueil préjugés bbcDans un précédent article j'ai parlé des versions cinématographiques adaptées du roman de Jane Austen, Orgueil et Préjugés. Voici ici le second volet des versions filmées de ce livre.  "The last but not the least" pourrait-on dire. Il s'agit d'une adaptation en téléfilm, datant de 1995, réalisée par Simon Langton. C'est une production de la BBC qui a valu 4 nominations aux Emmy awards.

 

Jennifer Ehle y joue le personnage d'Elizabeth Bennet et  Colin Firth, qui n'a pas encore l'envergure qu'on lui connaît aujourd'hui, interprète Darcy (ce nom le poursuivra d'ailleurs dans Bridget Jones, version contemporaine du roman de Jane Austen).

 

C'est sans doute aucun cette version filmée qui est le plus proche de l'esprit de ce XIXème siècle bourgeois durant lequel le livre a été écrit. Les idées, les manières, les comportements des personnages sont réellement conformes à ceux que l'on trouve dans le roman et à l'époque.

 

Six épisodes composent ce téléfilm et la durée totale est de 5 heures. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles ce téléfilm est si bien réussi. Les contraites de timing n'étant pas les mêmes que pour un film, le réalisateur a pu se permettre d'éviter des coupures. De plus, cette adaptation est presque "au pied de la lettre" et suit le déroulement du fil déroulé par Jane Austen dans son roman. Les seules scènes rajoutées sont celles où apparaît Darcy dans son intimité (en train de prendre un bain, un cours d'escrime ou de plonger dans le lac de son domaine) et qui permettent de mieux rentrer dans la psychologie du personnage, ce qui présente un intérêt particulier car, ne l'oublions pas, dans les romans de Jane Austen, c'est du point de vue de l'héroïne que l'histoire est vécue et vue.

 

Ce feuilleton est d'autant plus intéressant qu'il fait ressortir les traits psychologiques et comportementaux des personnages. C'est sans nul doute dans cette version que la jeune Eliza apparaît le mieux par un savant mélange d'ironie et de comportement policé. Quant à Darcy,  il est à la fois plus orgueilleux et plus merveileusement humain que jamais.

 

Par ailleurs, les seconds rôles n'ont rien à envier aux personnages principaux. En ce qui concerne l'interprétation, les acteurs rivalisent de talent pour donner à leurs personnages une place plus grande que celle qui leur est échue.

Prenons quelques exemples parmi d'autres. On ne peut que se délecter de voir les interventions empreintes d'ironie et d'humour de monsieur Bennet lorsqu'il s'adresse à son épouse et à monsieur Collins. Madame Bennet, telle que décrite dans le livre, est épuisante à entendre et à regarder. Monsieur Collins, quant à lui, est d'une fatuité et d'une servilité déroutantes qui ne plaisent réellement qu'à Mary, jeune fille cultivée mais sans intelligence. Si dans le film de 2005, Kitty et Lydia semblent être deux soeurs jumelles dans leurs comportements, dans le feuilleton, leurs caractères sont sensiblement différents et on note que Kitty fait preuve de plus réserve que sa jeune soeur. Quant à Caroline Bingley, elle se ridiculise de façon magistrale en voulant séduire Darcy. Notons encore que  l'arrogance de Lady Catherine n'a d'égale que sa condescendance et ses deux traits de caractère sont encore développés par son air revêche.

 

Pour ma part, il s'agit de LA version filmée par excellence. Si Jane Austen avait, à l'image de Pygmalion, demandé la métamorphose de ses personnages en êtres de chair et de sang, c'est très certainement aux interprètes de ce téléfilm qu'ils auraient ressemblé !

 

 

 

Publié dans cinéma

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Journées du Patrimoine 2010 : Préfecture de Marseille (compte-rendu)

Publié le par Art & Energie

 

prefecture nuit

Comme chaque année, la Préfecture de Marseille se visite pour les journées du Patrimoine et uniquement lors de ce week-end. L'association ESSOR (Équipe Scientifique de SOutien à la Recherche) dont je fais partie organise ces visites depuis de nombreuses années. Et comme chaque année, la préfecture a été plébiscitée et le bâtiment a rencontré un vif succès. Si la majorité des visiteurs est composée de marseillais ou du moins de provençaux, d'autres viennent de plus loin. J'ai eu des personnes dans mes groupes qui venaient de Lyon (ce n'est pas encore très loin), de Belgique (là, on s'éloigne déjà un peu)... et de Montréal ! Ces touristes ont profité de visiter le monument avant de prendre leur vol retour pour le Québec !

 

Cette année, sur la volonté du préfet actuel, monsieur Michel Sappin, une nouveauté a vu le jour. L'un des salons d'honneur (le salon d'angle) a été aménagé afin d'accueillir des danseuses et danseurs de l'association Quadrille Phocéen. Ces femmes et ces hommes de tous âges étaient vêtus de costumes d'époque (Second Empire) et exécutaient diverses danses (valse, polka, scottish, etc.). Cet intermède musical a ainsi permis de faire revivre, l'espace d'une danse, la majesté des bals sous Napoléon III. Les visiteurs ont été enthousiasmés et demandent une reconduction de cette décision pour les prochaines journées du patrimoine ! Affaire à suivre...

 

Alors peut-être rendez-vous l'année prochaine pour une visite de ce bâtiment Second Empire !

 

 

Pour plus de détails sur l'ESSOR, vous pouvez aller sur ce site :

http://association-essor.over-blog.com

 

 

Publié dans à visiter

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Orgueil et préjugés : versions cinématographiques

Publié le par Art & Energie

Le plus célèbre roman de Jane Austen a été adapté au cinéma et à la télévision. Je ne connais que deux versions cinématographiques et j'ai effectué des recherches pour voir s'il y en avait d'autres mais je n'ai rien trouvé. Donc si vous en connaissez d'autres, surtout n'hésitez pas à me le faire savoir...

 

 

Orgueil préjugés laurence olivier

Le premier film a été réalisé en 1940 sous la direction de Robert Z. Leonard. Greer Garson y joue Elizabeth Bennet et c'est Laurence Olivier qui  joue le rôle de Darcy. Malgré le talent d'acteur de Laurence Olivier (en 1948 il interprètera superbement le très difficile rôle du prince Hamlet dans l'adaptation cinématographique de la tragédie shakespearienne), ce film n'est, à mon humble avis, pas le plus réussi car il ne fait honneur ni à l'histoire qui est souvent détournée (il ne s'agit pas d'une adaptation littérale) ni aux personnages qui manquent de couleurs, et ce n'est pas dû au fait qu'il s'agit d'une version en noir et blanc ! En effet, des passages sont inventés, d'autres sont inversés, on ne retrouve pas la trame du livre. Il en est de même pour ce qui concerne les personnages : on ne reconnaît pas forcément leurs traits de caractère. Ainsi, Darcy semble peu orgueilleux par rapport à ce qu'il apparaît dans le livre et Eliza Bennet semble parfois, je n'irais pas jusqu'à dire niaise, mais pour le moins un peu mijorée. Cette interprétaion du chef-d'oeuvre de Jane Austen semble être plus adaptée aux goûts de l'Amérique des années 1940 que dans l'esprit réel de la bourgeoisie du XIXème siècle. Aussi, dans ce film ne doit-on pas rechercher une transcription littérale du roman car on serait déçu.

 

 

 

Orgueil préjugés keira knightleyBeaucoup plus réussi est le film tourné en 2005, réalisé par Joe Wright, dont le rôle d'Elizabeth Bennet est joué par Keira Knightley, nominée pour sa performance dans ce film, l'année suivante (en 2006) à l'Oscar de la meilleure actrice. Le rôle de Darcy est joué par Matthew MacFadyen. Dans l'ensemble, et à l'inverse de la version jouée par Laurence Olivier, l'adaptation suit bien le déroulement de l'histoire. Les coupures ou remaniements sont dus aux besoins du film. Les jeux des acteurs collent aussi beaucoup plus aux personnages du livre. Les performances des deux acteurs principaux sont à la hauteur de ce que l'on peut espérer et la demande en mariage de Darcy lorsque tous deux se rencontrent chez sa tante est assez touchante. Matthew MacFadyen y déploie tout son talent. Il est marquant de voir la différence de sa physionomie durant cette scène. On notera également la tournure d'esprit assez contemporaine qui transparaît à travers quelques répliques. Notons cette phrase où Lizzy répond à Darcy qui vient de décrire ce que pour lui doit être une femme accomplie. Pour elle, une telle femme n'existe pas car elle ferait assurément peur à ces messieurs. Cette idée annoncée de façon aussi directe n'est pas issue du livre de Jane Austen et n'aurait certainement jamais pu être dite à cette époque ; elle correspond plus à une réplique qu'une jeune femme contemporaine pourrait faire à propos de la gent masculine

Publié dans cinéma

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