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20 articles avec litterature

Avis sur Harry Potter et l’enfant maudit : J’aime / Je n’aime pas (2)

Publié le par Art & Energie

J.K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne, Harry Potter et l’enfant maudit, Gallimard, 2016 (version anglaise éditions Little Brown and Cie, 2016)

Voici la suite du premier article.

 

ATTENTION SPOILERS…

 

Rappel de l'histoire : L’action démarre là où le septième tome se termine et l’histoire dans son ensemble se déroule sur plus de trois ans de l’existence des protagonistes. Pour résumer l’intrigue, grâce à un prototype de Retourneur de Temps, Albus et Scorpius, le fils de Drago Malfoy, remontent le temps pour sauver la vie de Cédric Diggory, mort lors du tournoi des trois sorciers. Ils sont accompagnés par Delphi qui est présentée comme étant la nièce d’Amos Diggory, le père de Cédric, mais qui est en fait la fille cachée de Voldemort et de Bellatrix Lestrange. Delphi va finalement être combattue par Harry, Hermione, Ron, Ginny, Drago, Albus et Scorpius. À la fin de la pièce, le rideau se baisse sur une scène montrant Harry et Albus devant la tombe de Cédric, où Harry explique à son fils qu’il vient là pour demander pardon.

 

Avis sur Harry Potter et l’enfant maudit : J’aime / Je n’aime pas (2)

 

 

Ce que j’ai aimé :

Dans cette pièce, il y a quand même pas mal de choses qui m’ont plu. Évidemment, la première chose que j’ai aimé a été de replonger dans l’univers d’Harry Potter, de retrouver les personnages que je connaissais, la magie, les lieux, les sortilèges.

C’est un livre qui se lit très rapidement, je n'ai mis trois heures - pile - pour le lire. Il y a beaucoup d’action. Tout s’enchaîne très rapidement sans laisser le temps de respirer. Et même si un peu de repos entre deux scènes d'action aurait permis de souffler un peu, j’ai apprécié la succession es rebondissements. Personnellement, j’ai compris très rapidement que Delphi était la fille de Voldemort et j’ai deviné assez rapidement comment cela allait se terminer, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier la lecture de l’ouvrage.

L’intrigue est bien ficelée (malgré les incohérences que j’ai citées dans l'article précédent). J’aime bien l’idée de Delphi qui est la fille de Voldemort, car même si on peut avoir du mal à avoir des relations amoureuses, car il ne sait pas de ce que c’est qu’aimer, pour lui, c’est uniquement une façon d’asseoir sa domination et le lien qu’il entretient avec Bellatrix Lestrange (personnellement, j’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose entre eux !). Entre ces deux protagonistes, il ne s’agit bien évidemment pas d’amour et même si Voldemort n’aime personne en dehors de lui, il entretient un lien indéniable avec Bellatrix qu’il ne partage pas avec les autres Mangemorts.

Par ailleurs, j’avais peur que l’intrigue soit fondée sur une sorte de remake de la Guerre des étoiles version sorcier, avec Albus qui basculerait du côté obscur de la force. Or il n’en est rien et c’est pour ça que finalement, je préfère largement cette intrigue de retour dans le temps plutôt qu’une intrigue avec de nouveaux méchants qui auraient repris sans toutefois égaler les intrigues des romans.

En ce qui concerne le voyage dans le temps, j’ai trouvé intéressante la façon d’explorer le temps dans cette histoire qui est différente de celle du troisième tome, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, où Hermione et Harry avaient réellement vécu ce qui s’est passé (ne remontant d’ailleurs le temps que de quelques heures), alors qu’ici ce qui se déroule dans le passé change vraiment le futur. Cette façon d’aborder l’intrigue est ainsi plus proche que ce qu’on peut trouver dans Retour vers le futur 2.

Avec cette façon de fonctionner, les deux adolescents, retirent la leçon que vouloir changer les choses du passé, peut se révéler être pire pour le présent que ce que l'on a et que certaines choses ne peuvent et ne doivent pas être changées.

L’utilisation d’un Retourneur de Temps apparaît comme indispensable pour relancer l’intrigue. Bien que tous les Retourneurs de Temps sont censés être détruits dans Harry Potter et l’Ordre du phénix, son utilisation ne m’a pas dérangée. Je n’ai pas trouvé que cela soit incohérent dans la mesure où le Retourneur de Temps utilisé, n’appartenait pas au ministère. Il appartenait à Théodore Nott. Par ailleurs ce n’est qu’un prototype. Drago en possède un autre que Nott a fait pour Lucius Malfoy et qui ne présente pas les mêmes caractéristiques que les Retourneurs de temps du ministère, ce qui rend tout à fait acceptable son utilisation au cœur de l’intrigue.

Ce qui m’a le plus plu c’est de voir – enfin – commencer à disparaître cette scission entre les gentils et les méchants, que l’on avait vu poindre avec Rogue dans les romans. Plus de vision manichéenne. Albus va à Serpentard mais il n’est pas « méchant » et ne va pas tourner mal tourner. Scorpius qui est le fils de Drago et qui a eu à subir toute sa vie de fausses rumeurs comme quoi il serait le fils de Voldemort. On sent même que tous deux sont plus à Serpentard pour leur envie de faire leurs preuves, de reconnaissance de ce qu'ils sont, que pour autre chose. Par ailleurs, Drago lui-même a évolué positivement grâce à son épouse qui est décédée suite à une maladie. Si au début de l’histoire il y a encore un certain conflit entre lui et Harry, à la fin, tous les deux s’allient pour sauveur leurs fils. Drago Malfoy n'a plus rien de l'adolescent boursouflé d'orgueil, intolérant et rempli de préjugés.

Même si Albus est censé être le héros de l’histoire, pour moi, le vrai héros est Scorpius. Amoureux de Rose, malgré la façon qu’elle a de le traiter (même si on peut penser, à la fin, qu’elle va finir par voir les choses différemment), à aucun moment le fait qu’elle soit la fille d’Hermione, qui elle est d'origine moldue, n’entre pas en compte. Rose est d'ailleurs beaucoup plus remplie de préjugés et a une certaine arogance qui ne la rend pas très sympathique. Seuls se défauts sont mis en avant. Pour en revenir à Scorpius, on peut vraiment dire qu'il est un ami fidèle et loyal, qui soutient et suit Albus, même s’il n’est pas d’accord (il a souvent d’ailleurs une vision plus lucide et objective des situations et des personnes, notamment en ce qui concerne Delphi). En cela, il possède des qualités de Poufsouffle. Lorsqu’Albus dépasse les bornes, il n’hésite pas à lui remettre les idées en place et lors d’un des voyages dans le temps, alors que sa situation personnelle était améliorée (il est devenu populaire, etc.), il préfère faire tout ce qui est en son pouvoir pour changer les choses, car le nouveau monde tel qu’il est un règne de terreur où Voldemort a gagné, Harry est mort, et par conséquent son meilleur ami Albus n’existe pas et où Rose n’existe pas non plus. Il place l'amour avant le pouvoir.

Scorpius se révèle donc faire preuve d’un grand courage et au moment où le sort du monde dépend de lui, il sait prendre les bonnes initiatives et faire le maximum pour mener les choses à leur terme.

Enfin, le personnage de Rogue a toujours un rôle aussi important à jouer et, lors du troisième voyage dans le temps, c'est avec son aide que Scorpius va pouvoir rétablir le cours des choses afin de retrouver le présent tel qu'il est.

On assiste à la fin d'un ancien monde et l'avènement d'un nouveau monde où les protagonistes passent au-dessus de leurs différences pour un monde meilleur. C'est le message que j'ai apprécié dans cette aventure d'Harry Potter.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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Avis sur Harry Potter et l’enfant maudit : J’aime / Je n’aime pas (1)

Publié le par Art & Energie

J.K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne, Harry Potter et l’enfant maudit, Gallimard, 2016 (version anglaise éditions Little Brown and Cie, 2016)

J’ai écrit deux articles car j’avais beaucoup de choses à dire !

Voici le premier ci-dessous.

ATTENTION SPOILERS…

Avis sur Harry Potter et l’enfant maudit : J’aime / Je n’aime pas (1)

 

« Harry Potter et l’Enfant maudit va sortir ». Nom d’une chouette ! La suite d’Harry Potter ! Voilà ce que beaucoup de fans de la célèbre saga – moi la première – se sont dits en entendant la nouvelle. Cependant, en réalité, il ne s’agit pas réellement d’une suite, qui n'est pas écrite entièrement par J.K. Rowling - seule la base est d’elle, et ça se voit d'ailleurs ! De plus, c’est une pièce de théâtre et non un roman. Ce dernier aspect entraînant par lui-même des points négatifs. Ainsi une pièce de théâtre est censée être vue avant tout et ne permet donc pas de trouver le foisonnement de détails que proposent les romans. En cela, cela crée de la frustration et il faut lire le livre en gardant tout ça en tête pour éviter d’être déçu par rapport à cet aspect.

Mon impression globale est qu’il y a du négatif comme du positif de façon relativement équilibrée. C’est un livre que je relirai sans doute mais avec beaucoup moins d’enthousiasme que les romans.

Avant d’aller plus loin, cet article est rempli d’informations sur le contenu (je raconte la totalité de l’histoire). Donc si vous n’avez pas encore lu la pièce, attention… vous voilà prévenu(s).

L’histoire :

330 pages pour quatre actes contenant entre 19 et 21 scène chacun… L’action démarre là où le septième tome se termine et l’histoire dans son ensemble se déroule sur plus de trois ans de l’existence des protagonistes. Pour résumer l’intrigue, grâce à un prototype nouveau de Retourneur de Temps, Albus et Scorpius, le fils de Drago Malfoy, remontent le temps pour sauver la vie de Cédric Diggory, mort lors du tournoi des trois sorciers. Ils sont accompagnés par Delphi qui est présentée comme étant la nièce d’Amos Diggory, le père de Cédric, mais qui est en fait la fille cachée de Voldemort et de Bellatrix Lestrange. Delphi va finalement être combattue par Harry, Hermione, Ron, Ginny, Drago, Albus et Scorpius. À la fin de la pièce, le rideau se baisse sur une scène montrant Harry et Albus devant la tombe de Cédric, où Harry explique à son fils qu’il vient là pour demander pardon.

Ce que je n’ai pas aimé :

La plus grosse critique que j’ai à formuler, critique assez sévère je dois l’admettre car c’est pour moi un aspect capital dans une oeuvre fictive (et c’est pour cela que je le développe beaucoup), concerne les personnages.

D’abord la présence et l’absence de certains personnages. Dumbledore et Hagrid semblent être là non pour l’histoire mais juste parce que ce sont Dumbledore et Hagrid et qu’il est difficile d’imaginer l’univers d’Harry Potter sans eux. Cependant, une autre façon de les insérer aurait été largement plus appréciable.

Par ailleurs, encore une fois, une pièce de théâtre n’est pas un roman. Néanmoins, il y a un déséquilibre pour certains aspects. La dame aux friandises du Poudlard Express – qui fait d’ailleurs peur ! – n’a aucune réelle utilité dans l’intrigue. Ludo Verpey est présent à plusieurs reprises… alors que des personnages plus importants de la saga ne sont même pas mentionnés, comme par exemple Sirius Black, Remus Lupin, Arthur et Molly Weasley, Fred et Georges ou encore le très courageux elfe de maison, Dobby. Et cela aurait été une façon de leur rendre hommage, vu le destin tragique de certains d’entre eux. Les auteurs auraient pu faire l’économie de certains passages, de certains dialogues pour y insérer ces personnages-là. Cela aurait été d’autant plus possible que l’intrigue tourne autour du voyage dans le temps.

En ce qui concerne les personnages principaux, on note une accentuation uniquement des défauts de ces personnages alors que les qualités en sont oubliées (si l’on excepte Drago Malfoy et son fils Scorpius, j’y reviendrai). On a comme des clichés, des caricatures des personnages. Honneur aux dames d’abord.

Hermione ne pense qu’au travail et manque totalement de sensibilité que ce soit dans le travail ou dans sa relation avec Ron alors que c’est sans doute aucun le personnage le plus humain et le plus sensible de la saga ! La S.A.L.E. ça vous rappelle quelque chose quand même ? Et je suppose que son empathie vous est aussi restée en mémoire… Par ailleurs, on ne retrouve que peu la Hermione qui a sauvé à elle seule la situation à plusieurs reprises dans les romans. Le peu de place qu’elle occupe m’a dérangée.

Ginny apparaît comme totalement effacée et n’est pas vraiment utile pour l’intrigue (encore moins qu’Hermione). Elle est plus présente en tant qu’épouse d’Harry et mère d’Albus, mais pas en tant qu’elle-même et on ne reconnaît pas son caractère avec notamment la phrase : « Si tu continues à faire l’idiot, Ronald Weasley, je le dirai à maman » ! Non mais ! Très sérieusement, qui pourrait croire que la Ginny des sept tomes écrits par Rowling dise une phrase pareille ? Elle qui, entre autres, a dit à Ron qu’elle faisait croire à tout le monde qu’il avait le tatouage d’un boursoufflet sur la poitrine…

En parlant de Ron, il est présenté comme un adolescent attardé alors qu’il a montré qu’il avait évolué à la fin du septième tome, faisant preuve de courage, en éliminant l’un des horcruxes, et d’une grande ingéniosité, en ayant l’idée d’aller dans la chambre des secrets pour récupérer les crochets du basilic qu’Harry a tué dans le deuxième tome. Lui non plus n’est pas très utile à l’intrigue. Et, comme pour Hermione, son peu de présence est dérangeant. De plus certaines de ces répliques ne sont pas très concluantes « Moi, rien ne me fait peur. À part maman. » Et les araignées alors ?

En ce qui concerne Harry, c’est un employé du ministère, submergé par la paperasse qui est incapable de comprendre son fils, ce qui est surprenant car la fin telle que l’avait écrite Rowling ne laissait pas présager cela. Au contraire, on avait l’impression qu’Harry pourrait être pour son fils le père qu’il n’a jamais eu. Il y a même un côté « tyran » qui semble ressortir lorsque, il demande au professeur Mac Gonagall, de surveiller son fils Albus pour qu’il ne traîne plus avec Scorpius grâce à la carte du Maraudeur ! Une sorte de 1984 de Georges Orwell transposé dans le monde des sorciers… D’ailleurs, j’ai trouvé justement que c’était parfois un peu lourd.

Quant aux personnages d’Albus et de Scorpius, bien que ce soient les personnages les plus intéressants d’un point de vue du caractère et de leur psychologie, une certaine mièvrerie teinte parfois leur relation.

Un autre aspect qui m’a déplu est le manque de cohérence qu’il y a parfois. L’exemple qui m’a vraiment marquée, est le fait, qu’à la fin de la pièce lorsqu’Hermione, Ron, Harry, Ginny, Drago, Albus et Scorpius sont réunis pour en découdre avec Delphi quelques heures après, ils parlent de prendre l’aspect de Voldemort en fabriquant du polynectar (même si finalement, ce n’est pas ce qui est utilisé). Or, si l’on se rappelle bien, la fabrication du polynectar est longue et nécessite une préparation avec des ingrédients particuliers (Cf. Harry Potter et la chambre des secrets).

Par ailleurs, le passage à l’action des personnages se déroule dès le trajet de départ du Poudard Express alors que dans les romans, elle se passe à la fin, au mois de juin. On ne retrouve donc pas la cohérence, la trame habituelle qui fait la « marque » des livres de la saga.

Ou encore le fait qu’Albus et Scorpius puissent se procurer aussi facilement le Retourneur de Temps dans le bureau de la ministre de la magie, alors que le ministre de la magie est Hermione, une enfant surdouée et donc devenue une adulte surdouée ! Cela est totalement incohérent.

 

A suivre : Ce que j'ai aimé...

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Antoine de Saint-Exupéry : Le petit prince et le renard

Publié le par Art & Energie

 

 

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie "créer des liens..."

- Créer des liens ?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

 

[...]

 

Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as les cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé : Le: blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé..."

 

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :

 

- S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.

- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beacoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dt le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchand d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

- Que faut-il faire ? dit le petit prince.

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoieras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près..."

 

Le lendemain revint le petit prince.

 

"Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai à être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heure, déjà, je m'agiterai et m'inquièterai : je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le coeur... Il faut des rites.

- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.

- C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures.

 

[...]

 

Ainsi, le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :

 

"-Ah ! dit le renard... Je pleureurai.

- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal mais tu as voulu que je t'apprivoise...

- Bien sûr, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

- Bien sûr dit le renard.

- Alors tu n'y gagnes rien !

- J'y gagne à cause de la couleur du blé."

 

Puis il ajouta :

 

" Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret."

 

Le petit prince s'en fut revoir les roses.

 

[...]

 

Et il revint vers le renard :

"- Adieu, dit-il...

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux".

 

 

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Préquelle de Harry Potter

Publié le par Art & Energie

 

J.K. Rowling, en dehors de ses sept romans de la saga Harry Potter, a écrit d'autres ouvrages dont les droits d'auteurs ont été reversés à des oeuvres caritatives : Le quidditch à travers les âges, Les animaux fantastiques et Les contes de Beedle le barde (vous pourrez retrouver la présentation de ces livres dans la catégorie Littérature).

 

Elle a également écrit, sur une carte postale (en 2008) qui est une préquelle, mettant en scène James Potter et Sirius Black.

 

Je vous mets ci-dessous la traduction qu'en en faite le site la Gazette du Sorcier :

 

 

La motocyclette prit le virage serré en trombe ; elle allait tellement vite que les deux policiers qui la poursuivaient en voiture s’exclamèrent « Whoa ! » Le sergent Fisher appuya à fond sur le frein, persuadé qu’il était que le passager arrière avait dû tomber sur la chaussée. Mais la motocyclette tourna sans faire tomber ses passagers et elle disparut dans une ruelle dans un clignement de phare arrière.

 

« On va les avoir ! » cria l’agent Anderson, tout excité. « C’est une impasse ! »

 

Fisher tourna le volant à fond, passa toutes les vitesses les unes après les autres et érafla la moitié de l’aile de la voiture en forçant le passage dans la ruelle.

 

Les phares projetaient de la lumière sur ceux qu’ils poursuivaient. Ils s’étaient assis, enfin immobiles après une chasse qui avait duré au moins un quart d’heure. Les deux motards étaient coincés entre un grand mur de briques et la voiture de police, qui se ruait sur eux comme un prédateur grognant aux yeux de lumière.

 

Il y avait tellement peu de place entre les portières de la voiture et les murs de la ruelle que Fisher et Anderson eurent du mal à s’extraire du véhicule. Ils se sentaient offensés d’avoir à avancer vers les mécréants à petits pas de crabes. Le ventre généreux de Fisher frottait contre le mur, déchirant les boutons de sa chemise au passage ; il finit par arracher le rétroviseur avec son dos.

 

« Descendez de la moto ! » hurla-t-il aux deux jeunes qui souriaient d’un air narquois et se prélassaient dans la lumière bleue clignotante, comme s’ils s’amusaient.

 

Ils firent comme on leur disait. Fisher réussit enfin à se libérer du rétroviseur cassé et les dévisagea. Ils avaient un peu moins de vingt ans. Le conducteur avait de longs cheveux noirs ; son charme insolent rappelait à Fisher le petit ami de sa fille, ce fainéant de guitariste. Le deuxième garçon avait aussi des cheveux noirs, mais ils étaient coupés plus court et partaient dans tous les sens. Il avait des lunettes et un large sourire. Ils portaient tous deux des T-shirts décorés d’un grand oiseau doré – certainement l’emblème d’un groupe de rock assourdissant et discordant.

 

« Vous n’avez pas de casques ! » cria Fisher, montrant du doigt leurs têtes découvertes. « Vous dépassiez la limitation de vitesse de – de beaucoup ! » (En fait, la vitesse enregistrée était tellement élevée que Fisher refusait de croire qu’une motocyclette pouvait aller aussi vite.) « Vous ne vous êtes pas arrêtés, alors que la police vous l’avait ordonné ! »

« Nous aurions adoré nous arrêter pour un brin de causette », répondit le garçon aux lunettes, « mais nous essayions... »

« Ne joue pas au malin avec moi – vous allez avoir un paquet d’ennuis ! » répliqua Anderson d’une voix hargneuse. « Des noms ! »

« Des noms ? » répéta le conducteur aux cheveux longs. « Eh bien, voyons... Il y a Wilberforce... Bethshabée... Elvendork... »

« Ce qu’il y a de bien avec celui-là, c’est que ça marche pour une fille et pour un garçon », ajouta le garçon aux lunettes.

« Ah, vous vouliez dire NOS noms ? » demanda le premier. Anderson bafouilla de rage. « Il fallait le dire ! Lui, c’est James Potter, et moi, je suis Sirius Black ! »

« Ça va être sérieusement black pour toi dans une minute, espèce de petit insolent... »

 

Mais ni James ni Sirius n’écoutait ce qu’il disait. Soudain, ils étaient devenus plus alertes qu’un chien de chasse. Ils regardaient quelque chose derrière Fisher et Anderson, au-dessus du toit de la voiture de police, dans la bouche noire de la ruelle. D’un même mouvement fluide, ils tendirent la main vers la poche arrière de leurs pantalons.

 

Pendant un instant, les deux policiers s’imaginèrent qu’ils allaient sortir des pistolets, mais une seconde plus tard, ils réalisèrent que les motards n’avaient sorti que –

 

« Des baguettes de tambour ? », railla Anderson. « Vous êtes des petits rigolos, pas vrai ? Bon, je vous arrête pour – »

 

Mais Anderson n’eut pas le temps de dire pourquoi il les arrêtait. James et Sirius avaient crié quelque chose d’incompréhensible, et le faisceau lumineux des phares avait bougé.

 

Les policiers se retournèrent, puis reculèrent en titubant. Trois hommes volaient – VOLAIENT – vers eux sur des balais, et en même temps, la voiture de police partait en marche arrière sur ses roues de derrière.

 

Les genoux de Fisher l’abandonnèrent ; il tomba en position assise ; Anderson trébucha sur les jambes de Fisher et lui tomba dessus, alors que FLOMP – BANG – CRUNCH – ils entendirent les hommes sur les balais s’écraser contre la voiture qui était maintenant debout ; les hommes tombèrent par terre, apparemment insensibles, alors que des bouts de balais s’entrechoquaient bruyamment autour d’eux.

 

Le moteur de la motocyclette s’était remis à ronronner. Bouche bée, Fisher trouva la force de regarder les deux garçons de nouveau.

 

« Merci beaucoup ! » cria Sirius par-dessus le bruit du moteur. « On vous doit une fière chandelle ! »

« Oui, ravis de vous avoir rencontrés ! » ajouta James. « Et n’oubliez pas : Elvendork ! Ça marche pour les deux sexes ! »

 

Il y eut un fracas dévastateur, et Fisher et Anderson se jetèrent dans les bras l’un de l’autre de peur ; leur voiture venait de retomber par terre. C’était maintenant au tour de la motocyclette de faire marche arrière. Incrédules, les policiers la virent s’élever dans les airs : James et Sirius s’élançaient vers le ciel, leur phare arrière scintillant comme un rubis qui se volatilisait.

 

 

Tiré de la préquelle que je ne suis pas en train d’écrire – mais je me suis bien amusée !

 

J.K. Rowling

 

 

Pour découvrir le site de la Gazette du sorcier, cliquer ici.

 

 

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Alexandre Dumas, Ascanio, 1843

Publié le par Art & Energie

 

Ascanio Alexandre Dumas

 

 

4ème de couverture : Oui, l'histoire de Benvenuto Cellini, le célèbre sculpteur florentin, qui maniait la rapière aussi bien que le ciseau, et de son élève et rival, le jeune et bouillant Ascanio était bien faite pour tenter l'imagination d'Alexandre Dumas : le cadre de leur existence tout d'abord, la Florence prestigieuse et féérique de la Renaissance et la cour opulente et libertine de François Ier, la grandeur épique de Cellini et la bravoure juvénile d'Ascanio, le charme exquis des visages féminins qui les entourent parmi lesquels se détache, paré de toutes les séductions de la jeunesse, celui de l'attachante Colombe...

 

Accompagné entres autres d'Ascanio, son apprenti qu'il considère et aime comme un fils, l'orfèvre italien, Benvenuto Cellini arrive à Paris.Tous s'installent, en devant faire preuve de force malgré l'autorisation de François Ier, dans l'hôtel de Nesle qui appartient au roi et dans lequel loge le prévôt de Paris. La fille de celui-ci, Colombe, aime Ascanio et en est aimé, bien qu'elle soit promise à un autre. Cellini tombe également amoureux de la jeune fille mais s'efface pour laisser la place à son "enfant" et les protège de madame d'Etampes maîtresse du roi qui est tombée amoureuse d'Ascanio et n'accepte pas la rivalité de Colombe.

 

Personnages principaux et secondaires sont tous intéressants et riches de leurs qualités ou de leurs défauts. Se fondant sur les mémoires de l'orfèvre, Alexandre Dumans remodèle Cellini et en fait un des ces personnages auxquels rien ne résiste. Roman historique d'aventures ou roman d'aventures historiques, Ascanio est un roman dont le vrai héros est Cellini et où le vrai vainqueur est l'Art car, en définitive, c'est grâce à son talent que l'orfèvre triomphe de ses ennemis, du roi et de lui-même.

 

Et c'est sans doute l'intérêt principal de ce roman. Tout y est : intrigue, contexte politique, duels, batailles, histoires d'amour, vie à la cour, etc. Mais ce qui, à mon avis (je l'admets sans doute subjectif d'historienne de l'art), apporte à cet ouvrage une dimension supplémentaire est l'omniprésence de l'Art.

 

 

 

 

 

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